SAULIHA ALLI

le 19 septembre 2014

Comment l’avait-vous fait, Monsieur L’étranger?

Passer outre l’hypocrisie de votre vie, la duplicité de votre âme?

Vous portez le tissu de la vie sur votre peau, une étoffe irrégulièrement texturée

Qui vous berce comme fait le rivage sableux au lac.

Mais vous peignez sur votre esprit une plage lisse

Jamais touchée par la rigidité du vent,

Ni tachée par la salinité de la pluie.

Votre esprit vous enjôle dans sa vue du monde

Et votre âme se réduise à une rivière coupée,

Séparant l’expérience de votre esprit de votre corps.

N’êtes-vous pas, inévitablement, naturellement,

Un étranger à vous-même?